La Sérénissime en musique

Episode 2 – Tous à Venise

Tous à Venise ! 

L’exposition Sérénissime s’ouvre bientôt à Paris au Musée Cognacq-Jay. À cette occasion, DiscMuseum, partenaire de l’évènement, vous propose de revivre chaque semaine en musique,  l’âge d’or de Venise au XVIIIe siècle.

Que ce soit pour le Carnaval, pour une visite officielle ou pour faire un tour en gondole, les étrangers, au XVIIIe siècle, accourent à Venise. La Sérénissime attire par son faste des souverains comme Henri III, le roi du Danemark, ou encore le prince Édouard d’Angleterre. Les artistes, eux aussi, font escale à Venise. Ils viennent chercher l’inspiration, écrire des oeuvres, présenter leurs opéras ou encore rendre visite aux grands maîtres vénitiens dont Vivaldi.

Comme Rousseau, laissez-vous bercer par la voix des jeunes filles des couvents vénitiens. Puis, en grandes pompes, partons sur le canal accompagné d’Haendel, Gluck et Scarlatti, tous trois fascinés et inspirés par la Sérénissime. Enfin, écoutons Strauss fantasmer un XVIIIe siècle révolu dans sa Valse des lagunes

Un homme de lettres mélomane

Secrétaire temporaire de l’ambassadeur, Jean-Jacques Rousseau se rend, à Venise, au théâtre mais surtout au concert. Amateur d’opéra, c’est pourtant au couvent qu’il atteint au sublime. Il loue dans ses Confessions les concerts des hospices vénitiens, comme ceux de l’Ospedale della Pietà où il se rendra, souvent, pour écouter les chants des jeunes orphelines à la virtuosité exceptionnelle. Écoutons un Motet de Vivaldi, maître de musique de la célèbre Institution pendant près de quarante ans.

« Une musique à mon gré bien supérieure à celle des opéras et qui n’a pas sa semblable en Italie ni dans le reste du monde est celle des scuole. Les scuole sont des maisons de charité établies pour donner l’éducation à des jeunes filles sans bien (…) » Extrait Les Confessions livre VII.

Des musiciens charmés par les gondoles

Les compositeurs eux aussi font escale à Venise ! Haendel s’y rend au début du siècle et y compose cantates et sérénades. Écoutons Aci, Galatea e Polifemo, une serenata composée pour un mariage ducal, à Venise. Il y compose également l’opéra Agrippine sur un livret italien, à l’occasion du Carnaval. ll fut joué pour la première fois à Venise, le 26 décembre 1709. C’est un triomphe ! On criait sur le Grand Canal « Vive le cher Saxon ! ». Le compositeur allemand se lie d’amitié avec le claveciniste et compositeur napolitain Domenico Scarlatti, qui a étudié à Venise. Ce dernier y produit de nombreuses sonates dont celle-ci interprétée par le grand Vladimir Horowitz.

La Sérénissime voit également naître nombreuses oeuvres de l’allemand Gluck qui y fait jouer ballets et opéras. Son séjour vénitien le familiarise avec les formes de l’opéra italien qu’il réutilisera tout au long de sa carrière. L’ouverture de son Iphigénie en Aulide en est témoin. Enfin, laissons-nous porter par l’imaginaire de Johann Strauss fils, qui, au XIXe siècle fantasme la Venise baroque, à travers sa Valse des lagunes.

Image d'en-tête : Giovanni Battista Cimaroli, Célébrations pour le mariage du dauphin Louis avec l’infante Marie-Thérèse d’Espagne au palazzo Surian, ambassade de France à Venise, en mai 1745, vers 1745, Huile sur toile © Lampronti Gallery, London

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